

Et bin donc voilà, ayé, on yé ! (au Tibet, pour ceux qui n'auraient pas suivi...) Et avant que je commence, pour ceux qui n'ont pas compris le post en anglais d'Angi, sachez que nous avons eu l'extrème honneur de se faire censurer par le gouvernement chinois :
nous ne pouvons plus afficher notre propre blog !! nous pouvons toutefois toujours poster grâce à l'interface blogger qui, elle, n'est pas censurée. Pas un gros problème donc, mais il se peut qu'il y ait quelques photos mal placées dans le texte ou des bugs d'affichage etc... c'est pas de notre faute, on fait ce qu'on peut mais on n'a pas le rendu final. Bon par contre on aurait pu se passer du drapeau Chinois planté là en plein milieu, mais il paraît que ça venait avec, "à prendre ou à laisser"... voire même seulement "à prendre".

Lhasa donc... Nous sommes arrivés un poil à la rue, après nos fameuses 48h de train, avec l'altitude qui nous rendait bourrés (si si, vraiment, on n'arrivait pas à marcher droit, sans avoir bu une goute, on était vraiment en état d'hébriété... spécial comme sensation...), mais on a retrouvé notre groupe et on a pris notre minibus pour aller passer la nuit dans l'hôtel réservé. Première surprise : on se retrouve dans un dortoir à 30 !! >_< ouch !! mais ça a été calme, et dès le lendemain, on a changé pour se prendre une piaule perso (qui ne nous coûte au final pas plus cher que les deux lits en dortoir) dans un autre hôtel à côté. Deuxième surprise : la méthode locale pour se laver le visage le matin au réveil : des basines en fer peintes dans lesquelles on peut versée de l'eau bouillante approtée en thermos par le "room service" à 7h30 du mat (les salauds -_- ) je me suis parfois demandé comment faisaient nos grands-parents (pour certains) ou arrières-grands-parents (pour les moins vieux) quand ils n'avaient pas l'eau courante... Je sais maintenant !

Passé le choc de la "modernité" de Lhasa, on s'est promenés un peu dans la ville, et là on s'est non seulement trouvés confortés dans l'idée que le tibet suit un développement à deux vitesses (j'expliquerai plus tard), mais aussi et surtout qu'on s'était rapprochés de l'Inde !!! :-S Rien qu'à voir les boucheries locales, ça nous a rapellé des souvenirs... yerk ! Mais quand même heureusement, la ville était charmante.

Les vieux bâtiments tibétains ont un charme indéniable, incomparable aux nouveaux buildings chinois qui poussent ça et là, et on a adoré se perdre dans les ruelles du quartier derrière notre hôtel, qui abritait un marché pour le moins pitoresque, et qui servait surtout de chemin de prière pour les pélerins du coin, avec au bout du chemin et au centre du quartier, un temple qu'on n'a pas visité.

Regarder les pélerins tourner les moulins à prière, secouer leurs mini-moulins, égréner leurs chapelets, le tout en récitant des psaumes, c'était assez... divertissant. Par contre, on a quand même aussi remarqué la proximité de l'Inde dans le caractère des tibétains... moins chaleureux et accueillants que les Chinois, pour ne pas être trop méchant... D'un autre côté, ils se sont quand même un peu fait persécuter par les mêmes chinois... quoiqu'en y regardant de près, on a été aussi impressionné par le boulot que font les chinois au tibet... (quand ils ne sont pas occupés à faire chier les touristes avec des permis à la con et à vérifier que les tibétains n'ont pas des photos du Dalaï Lama avec eux...)

Prenez le Potala par exemple. (Pour ceux qui connaissent pas : photo ci-contre : c'est l'ancienne résidence du Dalaï Lama). Eh bin ils en prennent très beaucoup soin, et ils ont même mis le paquet pour le mettre bien en valeur en redessinant tout le quartier, et en mettant des jolis lampadaires sans aucun fil sur la grande place devant. Les indiens pourraient prendre un gros cours de mise en valeur...

(les thaïlandais aussi du reste :-p ) Par contre, le drapeau chinois en plein milieu de la place, on s'en serait bien passé... Mais il paraît que ça venait avec, "à prendre ou à laisser", voire "à prendre" tout court -_-... Enfin donc ils en prennent bien soin de leur patrimoine. Et ça ne s'arrête pas à l'entrée du bâtiment. L'intérieur est tout aussi bien entretenu que l'extérieur. Les couleurs sont flambant neuves, et le tout est dans un remarquable état de conservation. Vraiment du beau boulot ! ça fait plaisir ! Et du coup, on a vraiment aimé la visite, même si j'avoue qu'après la 3ème chapelle remplie à raz-bord de statuettes rutillantes et autres objets cliquants, j'avais trop mal aux yeux pour trouver ça beau, et après la 5ème, j'avais carément plus envie de les regarder. C'était pire que la caserne d'Ali Baba...




La conclusion de ces premiers jours à Lhasa, c'est donc que nous avons encore une fois pris une claque et que nos préjugés se sont sinon envolés, bien atténué. Je veux dire par là qu'avant d'avoir mis les pieds à Lhasa, j'aurais volontier approuvé ceux qui gueulent "Tibet libre !!!", parce que les chinois sont les méchants qui ne font que du mal aux gentils tibétains. Maintenant que j'y suis passé, je comprends un peu plus l'indignation des chinois quand on leur lance ça à la face, eux qui se voient comme le grand frère du tibet qui lui a construit des belles routes, lui a donné toutes les infrastructures modernes, avec un aéroport et une gare flambants neuves, etc... Je ne pardonne bien sûr toujours pas le "génocide culturel" (pour reprendre les mots du Dalaï Lama), mais je ne vois plus les chinois comme des occupants ou des colons de base. Ils ont très certainement fait beaucoup plus pour le Tibet que la France n'a fait pour le Laos par exemple...
à bon entendeur... je vous dis à dans un prochain post pour la suite de nos aventures tibétaines...